Amitié et réciprocité, une équation compliquée

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Une nouvelle étude vient de tomber, et d’après celle-ci, une relation amicale sur 2 ne serait pas réciproque. Cette affirmation aurait pu me choquer, ou tout du moins me laisser largement dubitative il y a quelques temps, mais aujourd’hui cela ne me surprend pas le moins du monde d’apprendre ce résultat. Il faut croire qu’en quelques années, je suis passée de gamine complètement naïve à jeune femme un peu plus avertie

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Interruption de vos programmes pour un flash spécial

Je bouleverse un peu le programme de publication de mon blog aujourd’hui, parce qu’il le faut. Je vous avait prévu 2/3 articles plus sympathiques, mais là j’ai besoin d’ouvrir ma grande bouche et de remettre quelques pendules à l’heure…
L’association Mémoire Traumatique et Victimologie vient de révéler une enquête sur les représentations du viol et des violences sexuelles chez les Français, et les chiffres qui en résultent m’ont juste fait vomir, ravaler mon vomi, et re-vomir.
Je suis scandalisée. Choquey et déçue comme on dit. Je vais donc reprendre les principaux résultats un à un, et tenter de remettre “doucement” les points sur les i, car je crois que quelques rappels sont nécessaires. De façon urgente et importante !

enquete sur les representations du viol
Photo par moi-même, prise au naturkundemuseum de Berlin.
76% estime que “les femmes ont plus tendance à considérer comme violents des événements que les hommes ne perçoivent pas comme tels”

OK. Ça commence bien. Que vous dire… Peut être que les femmes perçoivent plus de violence parce que ce sont elles les principales victimes, non, tu crois pas ? LES FILLES : si vous considérez avoir été violée ou agressée, vous l’avez été. Point. La seule vérité est votre propre ressenti et votre vécu personnel. Personne d’extérieur ne peut juger de cela. Je ne ferai pas toute une étude sociologique et psychologique sur ce qui pourrait expliquer un tel chiffre mais voilà, le principal est juste de savoir que vous mesdemoiselles, si vous pensez être une victime, vous avez surement de très bonnes raisons à cela. Et vous, messieurs, si l’on vous dit que vous avez été violents ou même juste un peu trop loin, vous n’avez pas à remettre en question notre perception. Car au fond, les limites sont celles que l’on se met à nous, pas celles que les autres tentent de vous imposer.  Next.

25% pense que “les femmes sont moins sûres de ce qu’elles veulent que les hommes”

Oui, bien sur, c’est bien connu. Toutes les femmes sont complètement bipolaires et changent d’avis toutes les 5 minutes, que ce soit pour choisir une paire de chaussures, ou savoir si elles ont envie de coucher ou pas. Une bonne fois pour toute, et très clairement : un NON est un NON. Une femme est un être intelligent et indépendant capable de réflexion, qui n’a pas besoin du mâle pour décider de quoique ce soit. Merci bien bonsoir.

19% considère que “beaucoup de femmes qui disent non à une proposition de relation sexuelle veulent en fait dire oui”

Relire le paragraphe précédent. Et si le doute persiste, je répète : un non est un non. Les “non mais oui”, “non enfin peut être”, “non mais je sais pas” sont très, très rares, voir n’existent que dans les films (pornos ou pas d’ailleurs). Et puis, il y a plein d’autre signaux indicateurs à décrypter si le doute persiste quand même : mains en avant, sourcils froncés, tout ça tout ça. Les excuses comme “j’ai la migraine”, “je suis fatiguée”, voir cas particulier du “on est juste amis” (désolée pour la friendzone budy) ou tout simplement les “j’ai pas envie” et “pas ce soir” sont aussi à traduire irréfutablement comme des “non”. Bref, toute forme de refus et de râteau plus ou moins clair = no, please god no. C’est comme ça.

21% estime que “les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées lors d’une relation sexuelle”

Je n’ai qu’une chose à dire : arrêtez les films X, ou tout du moins arrêtez de croire que ça se passe comme ça dans la vraie vie… 90% du plaisir féminin est psychologique. Oui, pour nous, tout se passe dans la tête. Alors si il n’y a pas d’envie, il n’y a pas de plaisir. C’est aussi simple que ça.

40% pense que “la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a eu une attitude provocante” / 27% un look sexy

Mpougbjzlrujbgbf. Et vive le slut-shaming et la culture du viol ! Les mots me manquent, maman j’ai envie de pleurer. Il n’y a pas que vous les hommes, la séduction et la reproduction dans la vie. Il y a plein de raisons qui font que l’on peut avoir envie de se trémousser en décolleté sur un podium, ou de twerker en mini jupe sur un comptoir. Parce que l’on se sent bien, parce que l’on veut rigoler entre copines, parce que l’on vient d’acheter le sac à main de nos rêves et qu’il faut fêter ça (2nd°). Ce n’est pas nécessairement un appel à la relation sexuelle, loin de là. Pigé ?

24% considère qu’une “fellation ou qu’un acte de pénétration avec le doigt ne sont pas des viols”

Bien sur. Et mon petit poing dans ta figure, c’est une tendre caresse sur la joue ? Je peux vous assurer qu’un doigt, une bite, ou une corne de licorne, c’est pareil, le traumatisme sera le même. Quand à la fellation, rappelle toi petit quand on te forçait à avaler tes choux de Bruxelles à la cantine, ne sentais tu pas déjà ta bouche souillée ? Alors imagine… Trêve de blabla, rien ne vaut un rappel du code pénal : tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. Rien à ajouter.

41% soutient que “l’on peut échapper à un violeur si l’on se défend”

Hum, reprenons : “violence, contrainte, menace ou surprise”.  Qu’est ce qui n’est pas clair là dedans ? A moins d’avoir une force physique et mentale surhumaine, il est malheureusement souvent impossible de se dégager de l’emprise d’un agresseur déterminé. Ajoutez à cela la paralysie due à l’incompréhension, voir carrément l’état de choc, et vous vous retrouvez dans l’incapacité totale de vous défendre… Et oui.

44% pense que l’agresseur et un inconnu / 17% estime que “forcer sa conjointe à avoir un rapport sexuel n’est pas un viol”

On termine en beauté dit donc. Les chiffres dans la réalité sont pourtant tout autres : 90% des victimes connaissent leur agresseur. BIM. Voilà voilà. Oh, et le concept de “viol conjugal”, ce n’est pas qu’un concept justement, ça existe. Vraiment. C’est même répandu. Et puis “forcer à avoir un rapport” c’est la définition même du viol, non ? Compagne ou pas… Le conjoint, les exs, la famille (oui oui), les “amis”, connaissances plus ou moins éloignées sont les premiers tentés. Alors, ne tombons pas dans la parano, mais il faut le savoir. Le viol sauvage dans le coin sombre d’une rue est un mythe construit par les médias qui se régalent de ces rares cas. L’abus, et l’excès, de confiance d’un proche est bien plus courant. The end.